La Maison & la Libellule

Laisser une trace : créer avec ses mains pour accompagner une transition

STUDIO ALATHEA Season 1 Episode 28

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Créer avec ses mains, parfois, ce n’est pas “faire”, c'est traverser quelque chose.

Dans cet épisode, j’accueille une artiste graveuse sur cuivre pour parler de création, de matière et de transformation intérieure.

Au fil de notre échange, nous explorons ce moment particulier où quelque chose change en nous :

  • une posture
  • une direction
  • une manière d’habiter sa vie et son travail

Et où les mains deviennent un passage.

On parle ici :

  • du besoin de ralentir pour entendre ce qui cherche à émerger
  • de la matière comme soutien dans les périodes de transition
  • de ce que signifie “laisser une trace” quand on est soi-même en train de se redéfinir

Parce qu’à certains moments de vie, il ne s’agit plus de chercher plus loin mais de créer assez d’espace pour laisser apparaître ce qui est déjà là.

Cet épisode est une invitation à revenir à quelque chose de plus simple :

  • le geste
  • la présence
  • le lien entre le corps, la création et l’ancrage

Un échange sensible et profondément incarné autour de la transformation lente, de la matière et de ce qui devient réel lorsqu’on accepte enfin de l’habiter.

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Découvre le travail de Muriel et sa formation TRACE 

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Et si tu sens qu’un mouvement cherche à s’activer dans ta vie en ce moment sans encore réussir à le nommer clairement, j’ai créé un quiz pour t’aider à mettre de la conscience sur ce passage intérieur : Quel mouvement de vie cherche à s’activer dans ta vie ?


Musique de Ievgen Poltavskyi pour Pixabay  

SPEAKER_00

Bienvenue dans la maison et la libellule, un espace pour celles qui sentent qu'un chapitre se termine et que leur lieu de vie ou de travail ne les soutient plus comme avant. Ici, on explore ces moments de transition l'espace devient un repère, un soutien, parfois même un révélateur de ce qui cherche à naître. Je suis Anne-Cécile et j'accompagne les femmes à utiliser leur espace comme médiateur de transformation pour rendre les passages de vie habitables, lisibles et justes.

UNKNOWN

Ciao !

SPEAKER_00

Il y a des moments dans la vie les mots ne suffisent plus, des moments quelque chose en nous cherche à s'exprimer autrement, par le geste, par le contact, par la matière. Dans ces périodes de transition, le corps sait souvent avant l'esprit. Il ressent, il ralentit, il cherche un appui pour traverser. Dans cet épisode, nous allons explorer ce lien entre le corps, l'émotion et la matière. Comment le fait de toucher, de graver, de laisser une trace peut devenir un acte de transformation intérieure. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui Muriel, graveuse sur métal. Au travers de son travail et de sa formation trace, elle accompagne les personnes à déposer une émotion dans la matière, à transformer une expérience de vie en une empreinte tangible et personnelle. Ensemble, nous allons parler du geste, du cuivre et de la mémoire du corps et de ce que la matière peut nous apprendre lorsque nous traversons un passage. Bonjour Muriel et bienvenue dans ce podcast. Bonjour Anne-Cécile et merci de me recevoir. Pour commencer cet épisode, est-ce que tu peux te présenter et nous raconter ton parcours en quelques mots

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Donc je suis Muriel Carcagno, je suis graveuse ornementale sur métal et plus précisément mon métal de prédilection, le cuivre, depuis plus de 25 ans. J'ai fait des études d'art, les arts décoratifs à Limoges, là, j'ai eu vraiment un coup d'amour pour la matière. Et à l'époque, je faisais de l'émail sur cuivre et vraiment un coup de cœur pour cette matière. Et petit à petit, en fait, je me suis rendue compte que vraiment, j'adorais le cuivre, ce métal qui est assez particulier, et qu'il était toujours recouvert de cuivre, de démaille. Donc, j'ai voulu le montrer différemment, le montrer seul, nu, gravé dans toute sa texture, dans toute sa splendeur, sa couleur, sa couleur chaleureuse. Et comme ça, petit à petit, je me suis commencé, j'ai commencé vraiment à graver le métal, le cuivre. Et comment est-ce que la gravure est entrée dans ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que ça s'est passé au moment de ta formation ou est-ce que c'est venu après

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est venu après. J'ai émaillé pendant plus de 15 ans et il y a certaines techniques en émaille qui s'appellent, notamment une qui est ancestrale, c'est l'émail champ levé. Donc en fait, l'émail champ levé, c'est un cuivre qui est relativement épais, qui est creusé. Les interstices, en fait, les creux sont remplis d'émail. C'était très utile Dans les églises, c'était souvent pour créer des chasses, pour mettre des reliquaires. Et cette technique-là, elle me transcendait. Je me la suis appropriée, mais sans y mettre d'émail. C'est pour ça que le cuivre, je l'ai révélé sans l'émail, juste en le gravant. J'ai commencé en le gravant à la main. au marteau, au burin, des petites pièces. Mais comme maintenant, je grave des grandes pièces de deux mètres, j'utilise des techniques chimiques, en fait. Mais c'est toujours moi qui dessine, c'est toujours moi qui fait les détails, qui gratte, etc. Et donc, quand je l'immerge dans ces bains chimiques, en fait, le cuivre travaille lui-même sur ce que j'ai déjà, moi, déposé dans la matière. Donc, il contribue à ce que j'ai déjà, moi, appliqué sur mes vernis. Et pourquoi justement le cuivre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce qu'on pourrait se dire que c'est... Moi, en tout cas, la première fois que je t'ai découverte, je me suis dit, waouh, c'est intéressant. Très honnêtement, je ne pensais pas qu'on pouvait graver du cuivre. Pour moi, c'était un matériau qui était peut-être limite un peu, on va dire, rigide. C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on fait de ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Quand tu m'as dit, je fais des plaques de 2 mètres sur 2 mètres, je me suis dit, mais qu'est-ce que c'est que cette chose-là, pour le coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et du coup, pourquoi est-ce que tu as voulu travailler le cuivre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que c'est un matériau qui... Je ne sais pas, comme tu l'as expliqué, tu as eu une espèce de coup de cœur direct pour ce matériau-là. Mais comment est-ce qu'il est véritablement arrivé dans ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Pourquoi lui

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et pourquoi pas, je ne sais pas, je vais te dire une bêtise, le laiton ou l'aluminium ou d'autres matériaux, effectivement, c'est le métal qui t'attire. Alors, pourquoi le cuivre en premier

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce qu'en fait, j'ai appris à émailler sur cuivre. On émaille. À Limoges, c'est la capitale de la porcelaine, mais aussi de l'émail sur cuivre. Alors, on peut émailler sur l'argent ou sur l'or. Mais là, en l'occurrence, à l'école, je travaillais sur du cuivre. Et ce cuivre, en fait, c'est... Moi, dès que je touche cette matière-là, ça me transcende. Il est chaleureux. C'est un métal qui est chaud par rapport à l'acier ou à l'aluminium. Quand on le touche, il n'est pas froid. Il a aussi cette couleur chaleureuse. C'est aussi un conducteur. On le sait. Il sert pour l'électricité. C'est un très bon ami. Moi, je dis un ami. C'est un très bon ami pour la relation aussi parce qu'il est conducteur. conducteur peut-être de chaleur, mais c'est un bon aussi intermédiaire ou un bon cheminement vers l'autre en fait. C'est vraiment un communiquant, un reliant. Et ce que j'aime aussi dans cette matière, c'est qu'elle marque tout. Et qu'avec le temps, elle est toujours là, toujours présente, telle qu'elle. Des fois, je l'humanise même. Je lui dis qu'il est capricieux, je lui dis « je voulais entrer ici » Et finalement, tu m'en as rajouté un dessous et puis tu m'as mis plus de matière que je ne pensais. Voilà, à un moment donné, c'est lui qui joue aussi son rôle. Et en fait, c'est ça que je trouve fascinant. Voilà, que je ne trouve pas dans l'acier ni dans l'aluminium, que je grave également. Mais c'est ça, cette particularité, cette couleur. Cette couleur qui est chatoyante, en fait, qui est propre à lui. Et voilà, c'est cette magie-là que j'aime dans le cuivre et qui a fait que je suis allée plutôt vers lui. » Du coup, j'ai une question en t'écoutant. Est-ce que tu dirais qu'il y a une espèce de collaboration, je ne trouve pas d'autres mots, entre toi et le matériau

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tu l'exprimes effectivement et tu l'as dit aussi tout à l'heure. Quand tu commences, tu te dis, moi, je veux faire ce trait-là. Et en fait, le cuivre, lui, il te dit, non, en fait, je t'emmène un peu par ici. Du coup, est-ce qu'il y a vraiment une espèce de relation, peut-être plus que collaboration, une relation véritablement entre toi et du coup le matériau

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est-à-dire que ce n'est pas un matériau entre guillemets, qui n'a pas d'âme et qui s'en fiche un petit peu. Lui, le cuivre, à contrario, il est en train de te dire non, je vais t'amener un petit peu par ici et ne t'inquiète pas, ça va être sympa. Est-ce qu'il y a quelque chose de cet ordre-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Un peu magique. Oui, c'est ça. En fait, c'est un matériau qui est vivant. Donc, à un moment donné, il faut qu'il mette son petit grain de sel. Et donc, il le met quand... Effectivement, des fois, je trace des Mes traits, je les trace au crayon et ensuite, je les réserve au vernis. C'est-à-dire que le vernis, en fait, sert à protéger mon cuivre quand je vais l'immerger dans le bain de perclorure. Et ce trait-là que j'ai tracé au vernis, parfois, je le corrige parce que j'ai dépassé, parce que je le trouve trop court, pas assez épais, etc. Donc, je vais le retravailler. Et c'est quand je le retravaille que ça ne lui plaît pas. Je ne sais pas. C'est quand à la sortie du bain, je découvre qu'il n'a pas accepté ma correction ou qu'il a fait plus que ce que j'avais corrigé. Et parfois, il faut savoir que le cuivre, en fait, je travaille sur des tôles d'un millimètre cinq ou voire deux millimètres. Et en fait, quand ces tôles sont fabriquées, elles sont laminées. Donc, ça veut dire qu'elles sont en diminution, elles vont de couche en surcouche, etc. Et quand il est gravé, donc il va travailler dans la matière et dans la matière, dans ces surcouches comme ça ou sous-couches, il y a des impuretés qui se sont infiltrées ou des bulles d'air. Donc le cuivre révèle ça en fait. Donc c'est ce qui fait qu'effectivement, il participe quelque part, malgré lui certaines fois, à cette découverte finale de la gravure que j'ai réalisée à l'origine. Oui, donc le résultat final ne sera pas forcément celui que tu avais peut-être conceptualité et conceptualisé, pardon, ou imaginé au départ. Il peut y avoir effectivement cette... Une variante. Oui, voilà, c'est ça. Je cherchais le mot. Mais le dessin que j'ai réalisé à l'origine, il existe. Il est là. Mais au lieu d'avoir un trait bien droit, il va me l'avoir grilloté un peu plus, parce qu'à ce moment-là, au niveau du trait, dessous, il y a une bulle d'air ou il y a une impureté. Voilà. Donc, c'est aussi ça, la magie. Voilà. Ça m'est arrivé. Oui. J'essaye de trouver le Le bon mot, mais tu parles de magie. C'est effectivement ce qui me venait à l'esprit. J'avais un peu un petit coup de baguette magique. C'est à peu près ça. C'est-à-dire que pour le coup, tu n'es pas sûr à 100% du résultat final. Parce qu'il y a un petit élément en plus, un petit machin, une pousse de parlant papa un peu sympa qui va faire le rancenu un peu différent. Oui, exactement. Est-ce qu'il y a un moment dans ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

charnière qui t'a vraiment fait bifurquer à ce moment-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que c'est la formation et tu t'es dit non, ok, tu l'as expliqué, j'étais à Limoges et du coup j'ai voulu travailler ça ou est-ce qu'il y a quelque chose d'autre qui a fait que le cuivre est entré comme ça dans ta vie

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que c'est un hasard ou pas du tout pour faire ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'était un hasard complet. C'est vraiment... Parce que quand on est au Beaux-Arts, en fait, on touche à tout. La photo, l'édition, la perspective... le dessin, la peinture. Et à Limoges, et la céramique, du coup, puisque j'étais à Limoges, et il y avait cette salle d'émail à laquelle on n'avait pas accès la première année. Pourquoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je ne saurais pas vous le dire. Mais en tout cas, la seconde année, on m'a permise d'y aller. Et quand je suis rentrée, en fait, c'était aussi l'odeur. Le cuivre a une odeur particulière, je m'en rappelle. Et cette odeur-là, en fait, m'a complètement attirée. C'était un hasard complètement. Avant, je ne connaissais pas du tout les métaux, je ne connaissais pas les mailles. Il y a plein de choses j'étais complètement un culte et côté artistique, je parle. Et là, ça a été une révélation et je me le suis complètement approprié depuis 30 ans au moins. Est-ce que tu dirais que du coup, entre le moment tu as commencé à travailler avec le cuivre et aujourd'hui, donc du coup, fort de ces 30 ans d'expérience, de travail, d'expérimentation, d'accompagnement aussi parce que tu travailles avec des particuliers, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui viennent aussi te passer commandes. Tiens, moi, je voudrais ça, etc. Est-ce que ta pratique a évolué

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que ta perception ou ton rapport, peut-être ton intimité avec ce cuivre-là ou ta façon de travailler aussi ont évolué avec le temps

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, ça a beaucoup évolué. Et même encore, j'évolue depuis quelques mois. Je suis très surprise, mais aussi c'est un parti pris. j'avais envie de, comment dire, d'incarner mon travail différemment et de travailler plus en collaboration avec lui, le cuivre. Et je me suis rendue compte que plus je parlais de mon histoire, en fait, plus je trouvais mes symboles, mes motifs, mes dessins, et plus, en fait, il m'aidait à révéler tout ça. Et du coup, je l'utilise en plus de la gravure, je l'utilise même différemment, je l'utilise en repoussé, je l'utilise en dentelle, c'est-à-dire je suis en train de le découper, c'est-à-dire que je vais vraiment utiliser toutes les ressources Tout ce qu'il peut... En fait, je le mange complètement. J'ai envie de l'interpréter, de le montrer sous tous ses angles, sous toutes ses capacités, en fait. Et du coup, moi, ça m'oblige à me dépasser pareil que ce que je suis en train de faire avec lui. Et mon histoire, en fait, elle est toujours à travers... Le cuivre, essentiellement. Je me rends compte de plus en plus qu'il fait vraiment partie de mon travail, de mon art, complètement. Je me le suis totalement approprié. Vraiment. Et de plus en plus, je vais vers des choses différentes. Je le découpe de plus en plus. Je le modèle, je le patine, je le martèle. Vraiment, je l'exploite un maximum. Est-ce que tu peux nous expliquer aussi, nous donner des exemples peut-être concrets

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

d'éléments, je ne trouve pas d'autres mots, que tu peux créer à partir du cuivre, d'éléments décoratifs, par exemple

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, oui, des éléments décoratifs, des habillages de cheminées, de manteaux de cheminées, des habillages de plages de cheminées. Je grave aussi des vasques que je trouve, que je ramène un peu partout. Je grave même des pieds de meubles. Je vais utiliser des cylindres de cuivre pour J'habite des portes de placards. Il y a pléthore d'applications, des tables. Qu'est-ce qu'il y a encore

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ça m'est arrivé de graver des vasques, mais des vases aussi. Il n'y a rien qui ne soit impossible. Il n'y a rien qui ne soit impossible parce qu'en fait, le cuivre gravé est solide. Il ne s'abîme pas avec le temps, sauf si vraiment on le martèle, on lui donne des coups, mais en fait, il ne s'altère pas. La matière elle-même, tout ce qui est ancré déjà dans la matière ne va pas bouger. Ce qui va bouger, parce que c'est un... quand même, c'est un métal qui est vivant, ça va être la patine. Il va bouger avec le temps. Il va s'oxyder, il va se patiner, il va plutôt rougir ou verdir. Tout dépend. Dans tel contexte, on le met dans la pièce ou... dans quel contexte on l'a... comment dire... On l'utilise, voilà, exactement. C'est-à-dire que c'est un matériau qui est durable dans le temps. C'est-à-dire que si tu viens, par exemple, avec un projet de vasque ou un projet de manteau de cheminée, ce n'est pas quelque chose qu'il va falloir changer. J'y connais rien dans 5 ans ou dans 10 ans. C'est quelque chose qui, effectivement, a une durée de vie qui est pérenne sur le très long terme. Exactement. Il va peut-être, effectivement, changer de couleur, enfin, changer... Il ne va pas devenir à noir, ce n'est pas ça. Mais il va se patiner. C'est comme un bois. Le bois, avec le temps, il va se fissurer, il va sécher, donc il va effectivement s'ouvrir. La couleur va changer, il faudra le resserrer de temps en temps. Alors effectivement, moi, les finitions, je les fais soit en patine, et les patines peuvent être vernis ou serrées. Ça veut dire que de temps en temps, il faut repasser la cire. Voilà, pourquoi pas. Même vernis ou même serré, à un moment donné, il va bouger. Voilà. Mais c'est ce qui est intéressant, en fait. Moi, je me souviens que la première fois qu'on s'est rencontrés, tu m'avais présenté un livre dans lequel tu avais des photos de certaines de tes réalisations. Et du coup, l'une de celles qui m'avait le plus marquée, je crois que c'était les vasques. Je me suis dit, mais comment est-ce qu'on peut couler de l'eau à l'intérieur d'une vasque qui est faite en cuivre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Très honnêtement, je me suis dit, mais je ne comprends pas le délire. Et je trouvais ça très intéressant. Et du coup, est-ce qu'on peut se dire que, en l'occurrence c'était une vasque donc il y a de l'eau qui coule, ça peut être un moteau de cheminée et du coup tu as peut-être des éclats etc. Ce sont aussi des éléments qui ont une interaction avec le cuivre ou pas du tout

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors les vasques déjà elles sont effectivement à l'origine en cuivre que j'ai gravé mais ensuite elles sont traitées, traitées au nickel ou traitées à leur fin par électrolyse donc ce sont des matériaux qui rentrent dans les pores du cuivre et qui sont résistants. Donc l'eau peut couler dessus. On peut mettre de l'eau. Effectivement, il ne faut pas le nettoyer avec un détergent, on est bien d'accord. Donc, un coup d'éponge, quand on a fini de l'utiliser, un coup d'éponge, un coup de chiffon, et voilà. Mais ce n'est pas fragile. Le manteau de cheminée, écoutez, enfin, ce que j'essaie de me rappeler, il n'y en a pas un qui a bougé non plus. Des éclats. Alors, sur une plage de cheminée, effectivement, il peut y avoir, si on fait des fois, je sais que j'ai des clients qui font des grillades dans leur cheminée. Pour l'instant, je n'ai pas eu de soucis. Par contre, il faut le resserrer. Les plages de cheminée, elles sont serrées. Je leur dis bien aux clients de serrer quand même. Et puis, c'est quand même un matériau noble qui a une valeur esthétique, mais qui a une valeur aussi financière, c'est-à-dire que le cuivre, c'est cher. C'est comme un beau bijou, on fait attention aussi à un moment donné. On prend soin de ses affaires. On n'est pas sur une tolle en acier on peut effectivement faire tout et n'importe quoi. Là, on est quand même de l'ordre de l'œuvre d'art. On a une œuvre d'art en plage de cheminée, en habillage de manteau. Voilà, ça a été fait par un artiste. Donc, on le voit différemment. On l'entretient différemment. Effectivement, pour avoir vu le catalogue que tu m'avais montré quand on s'est croisés la première fois, je confirme. Pour moi, c'est des vraies œuvres d'art en tant que telles, parce qu'effectivement, il y a tout un travail à une conception et c'est quelque chose qui est unique aussi. Pour le coup, quand quelqu'un te passe d'une vasque, par exemple, il y a tout un travail de collaboration. C'est la vasque, elle est comme ci, elle est comme ça, elle est gravée comme ci, il y a ça et ça et ça. Pareil aussi pour la cheminée ou la porte ou autre chose. C'est vraiment quelque chose de très spécifique aussi. Ce n'est pas quelque chose que tu répliques à la fin. Pour l'entretien, tu parlais de de bois aussi tout à l'heure. C'est intéressant peut-être aussi de mentionner, mais c'est comme un bois. À un moment, un bois, ça a besoin, quand on a du mobilier en bois, on a besoin de mettre un petit coup de vernis, d'entretenir, etc. Ça fait partie aussi de notre job de prendre soin aussi de ces éléments-là. J'entends que le cuivre aussi a besoin effectivement d'entretien. Ce n'est pas parce que c'est du cuivre et que c'est pérenne sur le long terme. Comme tout, il faut faire attention et ça demande un petit peu de précaution et d'entretien. Tout à fait. Et je le compare effectivement à avec un bijou parce que c'est précieux. Un bijou, c'est pareil, ça s'entretient. Et puis, on en fait attention. On l'enlève quand on va sous la douche. On l'enlève quand on utilise des produits, la javel ou je ne sais pas. Et puis, ça se nettoie, un bijou. Il y a des petites brosses exprès pour faire briller le diamant ou le saphir. Et en fait, il y a des impuretés qui traînent. Exactement. Tout à fait. Moi, je le compare à ça. Tu as peut-être raison. Que tout le monde entretient son bijou. Enfin, moi, je vois autour de moi, les personnes entretiennent, en tout cas, font attention à leurs bijoux, donc on fait attention à ce qui est précieux, donc pourquoi pas faire attention au cuivre gravé. Clairement. Voilà. Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi travailler une matière comme le cuivre peut permettre d'exprimer quelque chose que les mots ne permettent pas forcément toujours d'exprimer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors oui, le cuivre, comme je dis, garde le secret et la mémoire, les vies. Le cuivre va dévoiler ce que vous ne pouvez plus mettre en mots. Le fait de le mettre dans la matière, c'est si... un prolongement de soi, en fait. Donc, on a la mémoire qui est interne et le fait d'aller dans la matière libère des choses. Voilà. Est-ce qu'on pourrait comparer ça, pardon, comme un dessin intuitif

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est-à-dire qu'on n'est pas en se disant, tiens, là, j'ai besoin de dessiner quelque chose. Je ne vais pas dessiner au cordeau, un machin, un truc, une bulle, mais je laisse venir ce qui vient et là, pour le coup, c'est peut-être plus le cœur ou peut-être aussi le subconscient ou l'inconscient qui va t'emmener quelque part à dessiner une forme que tu n'auras peut-être pas imaginée ou pensée aujourd'hui, mais c'est quelque chose que tu as besoin d'exprimer, quelque chose que tu as besoin de sortir là, très honnêtement, qui n'est pas de l'ordre du mental. Est-ce que ça pourrait être... Je pourrais comparer ça comme ça ou pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui, c'est ça en fait. C'est donner des... Interpréter ce que l'on a en nous, en fait. Ça peut être un sentiment, ça peut être un souvenir, une émotion, des choses, en tout cas, qui comptent pour nous ou qui ont compté, qui sont puissantes et qu'on ne sait pas comment interpréter. Et le fait de... Je me perds un peu. Je suis dans les stratosphères. Tu es dans le mouvement. Du coup, il y a des personnes qui savent s'exprimer et des personnes qui savent s'exprimer à l'oreille et d'autres qui savent s'exprimer différemment. C'est un très bon exercice pour la personne qui a des choses en elle à déposer, qui pense qu'elle ne sait pas dessiner. Moi, je pense que tout le monde sait dessiner à à des niveaux différents, mais le fait d'interpréter sa pensée ou se souvenir différemment dans la gestuelle, effectivement, amène des choses surprenantes. C'est-à-dire que l'objectif, ce n'est pas de savoir dessiner, l'objectif, c'est de savoir interpréter ce que l'on a envie de déposer. Donc, ça peut être un dessin automatique. Je vois souvent des personnes qui dessinent des ronds, des carrés avec des carrés dedans et des carrés, des gribouillages. C'est une façon d'interpréter interpréter le sentiment dans lequel on est à ce moment-là. Et donc, c'est des traits, des formes, des symboles, ça peut être aussi des mots. En fait, c'est ça, se libérer ou interpréter ce moment différemment que par les mots. Oui, je vais juste rebondir rapidement dessus. Alors moi, du coup, je vais faire le lien avec les mots. Moi, je suis très journaling, c'est-à-dire que par moment, comme je suis beaucoup dans le mental, j'ai besoin besoin aussi, parfois, de déposer certaines choses. Alors, je ne les exprime pas forcément à l'oral. Par contre, quand je prends le temps, je me dis, là, j'ai besoin de faire un peu de journaling, etc. Et des fois, je peux être surprise parce que je dépose. Alors là, pour le coup, j'utilise véritablement les mots, même si je ne les sors pas verbalement. En tout cas, ils sortent de mon stylo, dans mon carnet. Et je comparerais un peu ce travail-là, effectivement, de création, on va dire, un peu plus artistique, pour le dessin, Mais c'est une forme aussi d'expression, de se dire, voilà, comme tu dis, ça peut être un carré dans des carrés, et puis des soleils, des ronds, et des paillettes, et des machins. Mais en l'occurrence, il y a quelque chose qui est de l'ordre de... Je cherche à, effectivement, retranscrire quelque part, de cette manière-là, une émotion, une expérience, un vécu, une douleur, ou autre. C'est exactement ça, effectivement. C'est de se... de s'approprier ses propres symboles pour exprimer ce que l'on ressent ce que l'on a envie de retranscrire dans la matière et ça c'est fabuleux en fait il y a un côté magique parce que j'ai certaines personnes qui ne savent pas dessiner qui se sentent incapables de d'aller vers ce processus et en fait je leur dis mais libère-toi laisse aller tes mains, ton geste, c'est ton cœur qui parle, c'est pas ta tête, c'est ton cœur. Donc, vas-y, vas-y, laisse-le parler ton bras, laisse parler tes mains, laisse parler ton stylo ou ton crayon et tu verras, il te dira des choses que même toi, tu n'aurais jamais pensé que ça puisse sortir comme ça sur le papier, dans un premier temps, ça sort toujours sur le papier et après, on l'interprète dans la matière. Voilà, mais c'est un moment extraordinaire quand même. Oui, on est peut-être aussi dans la spontanéité, dans l'instantanéité du moment, c'est-à-dire que l'instant c'est moi, avec ma feuille de papier ou mon journal ou autre chose. Et du coup, je dépose ce qui vient là. Alors, attends, réfléchir. Je vais essayer de transcrire. Je me suis pris la tête avec machin ou je vais planifier les vacances et je vais dessiner ça. En fait, on est vraiment je suis à l'instant T quand je suis devant ma feuille de papier et je dois faire cet exercice-là. C'est une très bonne transition pour qu'on commence à parler de ta formation trace pour le coup est-ce que tu peux nous en dire plus concrètement qu'est-ce que c'est et comment ça se déroule parce que tu parlais de dessin sur du papier etc effectivement c'est ce que tu amènes entre autres tes élèves à faire au cours de cette formation c'est ça donc trace le rituel trace c'est effectivement de mon histoire comment retranscrire ce que je ressens mon histoire mes émotions mes moments extraordinaires mes défis sportifs enfin etc Comment les retranscrire dans la matière

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et pour moi, c'était libérateur. C'était aussi source de fierté, d'être capable aussi d'avoir su interpréter ces moments-là. en dessin, dans la matière. Parce que c'est un exercice qui peut ne pas être facile aussi. Et je me suis dit que cette expérience-là, j'avais vraiment envie de la partager, pas de la garder pour moi. Et c'est comme ça qu'est Nétrace, en fait. Je voulais aider les femmes à justement transformer ces moments précieux de leur vie en une trace intime et ineffaçable de leur histoire. Voilà. Donc ça, à début Alors, je commence comme pour moi. Je débute par une pensée. Qu'est-ce que j'ai envie d'interpréter dans la matière

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et je l'écris. Une phrase, un texte. Je me libère. Je libère ce que j'ai dans mon mental et je l'écris sur du papier. Et ensuite, par rapport à ça, ce texte-là, je l'interprète avec un dessin. Pareil, ce qu'on disait tout à l'heure, spontanément, je vais aller dessiner rapidement. Comment je dessinerai cette pensée-là

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Comment je dessinerai ce souvenir

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Cette émotion, etc. Et donc, c'est ce que je propose dans le rituel Trace. J'ai créé un petit quartier née, d'intention, dans lequel il y a un petit texte déjà qui met en état d'écriture, c'est-à-dire que c'est quand même plus simple de s'introspecter, de chercher à l'intérieur de soi, parce que pour moi, c'est un moment qui est vraiment précieux. Il faut pas... C'est lent, c'est un processus, c'est lent, c'est intime, c'est personnel, donc ça t'appartient à toi, et il faut prendre du recul, te mettre en condition. Voilà, donc son petit carnet là, il te met en condition, mais il y a aussi dans un des modules je le lis aussi, parce qu'il y a des personnes qui préfèrent lire, d'autres qui préfèrent entendre. Voilà, donc j'ai fait les deux, et donc j'invite la personne à écrire ce qu'elle a envie de déposer dans le cuivre, dans la matière. Quand ça s'est déposé, on va venir interpréter, donc on tourne les feuilles, je remets en condition d'écriture, de dessin, et je leur dis, mais rapidement comme ça, sans réfléchir, avec le cœur, allez-y, dites-moi comment vous interpréteriez en symboles, en traits, en mots, en dessins, ce que vous venez d'écrire, votre pensée, comment vous l'interpréteriez

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Voilà. Et ensuite, quand on a posé sa pêle-mêle dans une autre feuille de mon petit livret, il y a, je leur propose de réfléchir plus posément, plus harmonieusement dans la conception de ce qu'elles viennent de déposer pêle-mêle comme ça. Donc ça veut dire que ces symboles, ces choses qu'on a posées comme ça rapidement, deviennent une composition harmonieuse, une lecture en fait. L'histoire, elle se lit beaucoup plus facilement pour elle plutôt que d'avoir des éléments un peu épars comme ça. Mais après c'est un choix, elles peuvent le garder comme ça. Mais pour que ce soit une réelle lecture et puis qu'elle qu'elles sont en capacité d'avoir du recul après avec cette interprétation, je leur suggère vraiment de faire quelque chose d'harmonieux. Donc, elles font le dessin final qu'elles vont ensuite apposer dans le cuivre. Et donc, tous mes modules amènent à tout ce processus de mise en place de ce dessin qu'elles vont donc inscrire dans la matière. Donc, il y a sept modules Merci. Cette module, c'est ça, jusqu'à leur montrer comment on fait pour graver. Je leur envoie un petit coffret aussi, un coffret de traces, pour qu'elles commencent sereinement à graver. Donc dans ce coffret, il y a le vernis, il y a les pinceaux, les pointes sèches, il y a du cuivre, bien évidemment, il y a deux plaques de cuivre, parce que le premier qu'elles vont réaliser, la première interprétation de leur pensée va être un bracelet. un bracelet qu'elles vont porter. Porter, c'est-à-dire qu'elles vont incarner complètement comme elles auront sorti de l'intérieur ce qu'elles auront à exprimer. Le fait d'avoir du recul et de voir cet objet qu'elles portent, qui leur appartient. Et donc, c'est je dis le cuivre garde le secret. C'est votre secret à vous, c'est intime. Mais autour de vous, personne ne sait. Il n'y a que vous. Il n'y a que vous qui savez. sachez ce que vous avez interprété et qui vous a libéré quelque part. Voilà. Oui, c'est important. Je pense aussi de... Ça me fait penser à deux points différents. Le premier, un, c'est une formation sur un temps long. C'est-à-dire que ce n'est pas quelque chose... Je vais caricaturer le trait exprès, mais tu commences le lundi, il t'a terminé le vendredi, la même semaine. On est d'accord que c'est un accompagnement long, parce que c'est un processus long, en l'occurrence. Et le deuxième point... Ça n'a pas besoin... On n'a pas besoin, en tout cas, il ne faut pas se dire, il faut que je fasse une œuvre super machin. Non. On n'est pas pour être des super artistes. En l'occurrence, on l'est tous individuellement, mais en tout cas, on retranscrit de la manière la plus honnête possible, j'aurais tendance à dire, ou authentique possible, ou intime possible, ce que l'on ressent. Donc, si le carré, il n'est pas tout à fait carré, il est plutôt losange, rectangle, je ne sais pas, on s'en fiche un petit peu, en l'occurrence. Le plus important, moi, je le je l'entends un peu comme ça dans ton accompagnement, c'est qu'on prenne le temps, effectivement, de déposer quelque chose, et tu parlais du bracelet qui est très intime, et effectivement, toi qui fais cette œuvre-là, elle te parle à toi, parce qu'effectivement, tu sais ce que tu y mets au travers de ces dessins-là. Par contre, même toi, en tant que professeur ou accompagnante, et les autres personnes qui font partie de la cohorte, on va dire, ou les autres élèves, ou d'autres personnes, ou peut-être aussi nos proches, ne savent pas véritablement ce que signifie ce ce bracelet. Et largement. De façon, quand tu le vois la première fois, je trouve que c'est intéressant aussi. Parce qu'on a toujours cette injonction de... Ça me fait penser à ça, toi. Mais coloris, il ne faut pas dépasser la ligne et machin. Et en fait, on est tellement conditionnés, si tu veux, à faire des trucs parfaits, au carré, avec des angles droits et je ne sais pas quoi, avec des triangles, avec des angles je ne sais pas quoi. Je n'étais pas bonne ni en maintenance géométrie, donc je ne vais pas dire de bêtises. Je m'arrête dans mes explications. Mais ce que je trouve aussi très libéral créateur dans ce que tu proposes, dans cet accompagnement-là, c'est que pour le coup, un, en tant qu'élève, on est créateur, on est moteur de notre œuvre à nous et je trouve ça hyper intéressant de se dire c'est pas toi qui nous tiens la main à dessiner, c'est vraiment soi, c'est son œuvre à soi et je trouve ça hyper intéressant d'aller dans ce domaine-là. Et oui, on peut faire des carrés qui sont pas carrés et des ronds qui sont pas ronds et des je sais pas quoi qui sont des je sais pas quoi. Si tu veux faire un arbre et ça ressemble pas à un arbre, c'est pas grave. En l'occurrence, il Il faut que pour toi, c'est une signification et que tu aies retranscrit ce que tu voulais retranscrire dans cette œuvre-là. Et je trouve que c'est un super beau message en l'occurrence. On n'est pas obligé, effectivement, de savoir dessiner. On n'est pas obligé d'être artiste quand on vient faire ce stage ou quand on le fait soi-même chez soi. Parce que l'objectif, c'est de faire chez soi. C'est une formation qui est en ligne. Donc, c'est le faire chez soi. Donc, vraiment des moments intimes on se retrouve, on se cherche. C'est... C'est ça, en fait. Moi, je n'apprends pas une technique. Mon objectif, ce n'est pas de leur faire faire du beau. Je ne cherche pas à travailler avec des grands artistes. C'est vraiment, on ne cherche pas à faire du beau, on cherche à transformer quelque chose. Et la transformation passe par des incertitudes, on cherche, on tâtonne. C'est pour ça, le bracelet, c'est la première pièce. Et c'est une expérience. J'appelle ça une expérience. magique, d'arriver à... Moi, je trouve ça extraordinaire, d'arriver, de partir de quelque chose d'intérieur, de quelque chose, en fait, de virtuel et d'abstrait, et d'arriver à quelque chose de concret. Non, mais ça, c'est absolument exaltant, en fait. Tu parlais de la première feuille de cuivre, que, du coup, l'élève était amené à créer, à transformer en bras Je vais trouver mes mots. Je commence aussi à perdre les mots. Et du coup, la deuxième feuille de cuivre, concrètement, ça peut être en termes de représentation visuelle, on va dire. Est-ce que ça ne sera pas forcément un copier-coller visuellement de ce qui aura été mis dans le bracelet

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On est d'accord. Mais du coup, quand la personne a créé cette deuxième feuille de cuivre lent, elle repart avec quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, c'est la différence. Voilà, c'est ça la différence. Donc, le bracelet, c'est quelque chose de très intime, quoique l'autre aussi, mais le bracelet est porté. Mais il peut être aussi offert. Tout dépend pourquoi on l'a réalisé. La plaque de cuivre, c'est un carré, en fait. Ce carré-là, il vient pour appuyer soit... ce que vous avez déjà interprété. Parce que quand on ne connaît pas la finalité, quand on ne connaît pas c'est la première fois que vous faites ça, on ne connaît pas les tenants, les aboutissants, on ne connaît pas la finalité. Et quand on connaît la finalité, on a envie de se le réapproprier encore différemment. Donc c'est pour ça que je donne, entre guillemets, le second effet qui se coule à la deuxième chance. Mais ça peut être, comme vous avez compris le premier processus, vous pouvez interpréter une nouvelle, un nouveau moment qui a pour vous. Voilà, parce que peut-être que le premier n'était pas suffisant, vous avez envie d'évoquer autre chose, donc c'est une seconde chance. Mais, pourquoi le carré

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Parce qu'effectivement, autant le bracelet, il est intime, il se porte, autant le carré, vous pouvez effectivement l'encadrer, vous pouvez même le... J'ai des personnes qui l'ont amené par exemple dans un columbarium, en hommage à leur maman décédée. Voilà, il peut être mis après, c'est bon, c'est clôturé, j'ai interprété, hop, je mets au fond d'un tiroir et on n'en parle plus. Ça peut être ça, ça peut être libéré de cette façon-là. En fait, voilà, ce carré-là, il peut être encadré, posé à côté de vous, sur votre bureau, il peut être offert, il peut être remisé. Voilà, c'est ça, en fait. Ça nous appartient. Voilà, ce n'est pas fait pour être vu au monde, sauf si vous avez envie, bien évidemment, mais c'est très intimiste très personnel voilà vous pouvez en faire ce que vous avez ce que vous vous ressentez d'en faire oui ce que je trouve intéressant aussi vu que ton accompagnement est sur un temps long oui est-ce qu'il y a cette dimension dans le bracelet on l'a dit tout à l'heure c'est quelque chose de spontané je viens un peu avec l'énergie du jour etc. donc j'ai déjà déposé quelque chose et le fait que le travail sur la plaque donc la deuxième plaque se fait quelque temps après oui Est-ce qu'il peut y avoir aussi ce travail de « Ah bah tiens, entre-temps, j'ai eu mon bracelet, etc. J'ai vécu un peu avec, je l'ai porté ou pas. » Et puis, il y a d'autres choses qui sont venues à moi, là, intuitivement. Toi, j'ai navigué, j'ai peut-être respecté un petit peu plus. « Ah tiens, j'aimerais aller un peu plus loin dans ce travail de transmission de mon émotion, de mon vécu, de mon expérience dans cette deuxième plaque-là. » Et du coup, la deuxième plaque peut être vue comme pas l'étape finale, mais en tout cas une étape numéro deux, ou en tout cas une retranscription, on va dire, numéro deux de ce qu'on voulait faire au départ. Est-ce que ce processus... Ça peut être une continuité de ce que j'ai déjà déposé dans le bracelet, mais ça peut être aussi quelque chose que j'ai mûri différemment et que j'interprète de nouveau différemment. ça peut être ça il peut y avoir les deux cas de figure suivant chaque personne tout à fait mais oui alors moi j'ai ce processus ce rituel mais après tout le monde est différent tout le monde s'approprie les choses différemment c'est ça qui est aussi intéressant moi je ne suis pas au courant toujours de ce qu'elles font puisque c'est en ligne donc elles sont chez elles donc parfois, j'ai des messages, on discute, etc. Mais je leur dis bien, ce sont des moments qui vous appartiennent. Donc, vous en faites, c'est pas je me débarrasse, c'est vraiment vous en faites ce que vous voulez. Comme moi, j'ai fait ce que j'ai voulu dans mes créations. J'ai pas demandé à Pierre, Paul, Jacques, est-ce que tu crois que si je mets un carré ou un rond, les gens vont comprendre

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Moi, je ne cherche pas à ce que les gens comprennent, bien qu'il y ait une interprétation, les gens commencent à me connaître, donc ils savent que les fleurs, les grosses fleurs avec un peu moitié rose, moitié fleur exotique représentent mes soeurs ou ma famille, les petites feuilles autour c'est mes neveux, enfin voilà, donc il commence à y avoir une interprétation et moi ce que je leur demande, c'est de elles-mêmes se trouver des symboles qui orientent leur ce qu'elles veulent déposer en fait, voilà. Oui, toi tu prends a l'exemple effectivement des fleurs et des feuilles qui représentent effectivement des éléments, pardon, des membres de ta famille, pardon, il y en a qui pourraient éventuellement représenter ça, je vais te dire une bêtise, ça peut être un troupeau de chèvres, ça peut être, on est d'accord que ça peut être... Un carré, ça peut être bien bien autre chose, on est d'accord. Mais bien sûr, un carré avec un petit carré et deux petits carrés à côté, ça peut être une famille, papa, maman, les enfants. Voilà, et puis je donne souvent l'exemple d'un tableau ceci est une pipe On ne voit même pas que c'est une pipe. Mais pour toi, c'est une pipe. Et puis, on n'a rien à en dire. Je veux dire, ça t'appartient. Moi, mes fleurs, c'est la famille. On pourrait me dire, une famille avec des fleurs, c'est quoi le rapport

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Mais il y en a un rapport. Je ne vais pas commencer à raconter pourquoi, mais il y a un rapport. Donc, chacun fait comme il... Voilà, c'est pour ça, c'est très personnel. Je n'interviens pas là-dedans. Et puis, je ne veux pas qu'autour... c'est pour ça que je dis que c'est intime ça vous appartient prenez un temps pour vous pour le faire parce que je veux pas que la famille non plus interfère les amis ah mais pourquoi tu fais ça non c'est à toi c'est c'est à toi rien qu'à toi ah mais si j'étais toi si j'étais toi ah mais ça combien fois on me le dit et pourquoi t'as mis le soleil ici en haut à droite c'est pas harmonieux non mais c'est mon interprétation exactement et surtout gardez bien votre interprétation c'est à vous c'est personnel Tout à fait. Est-ce que tu pourrais nous partager un exemple de transformation, de prise de conscience qui a été réalisée par une des personnes que tu as accompagnées, justement, dans le cadre de cette formation de traces, sans bien évidemment dévoiler son identité

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que tu peux donner des exemples, un ou plusieurs, qui te viennent à l'esprit

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Alors, un, notamment, donc là, c'était vraiment dans mon atelier, une personne qui, d'entrée de jeu, qui disait, je ne suis pas capable, il dessine Je ne suis pas capable, je ne suis pas capable. C'était ces mots, en fait, et c'est mis dans un stress.

UNKNOWN

Alors...

SPEAKER_00

Il faut apaiser ces personnes-là, les rassurer aussi, les mettre en confiance. Il faut savoir aussi qu'en plus de mon petit carnet d'intentions, j'ai créé un petit carnet de motifs avec des symboliques. Cette personne-là, je lui ai dit « Écoute, il n'y a pas de souci, tu peux ne pas savoir dessiner, mais pour moi, ce n'est pas la problématique, vraiment. » L'écriture, c'est un dessin. C'est du dessin. Donc, pour moi... Tout le monde sait dessiner. Et comme je disais au début, vraiment à des niveaux différents, on est bien d'accord. Mais tout le monde est capable d'avoir des gestes et de savoir dessiner un rond, même s'il n'est pas très rond. Moi, mes ronds, ils ne sont pas toujours ronds. Voilà, donc chacun a sa façon de dessiner. Et donc, il a fallu que je la mette en condition, que je lui explique, donc avec ma voix la plus douce, ce qui n'est pas toujours le cas. Mais du coup, elle s'est vraiment prêtée au jeu. Et j'ai vu, qu'elle a changé de comportement. Quand elle a commencé à écrire, j'ai vu, je le sens encore, comme ça. On souffle, on respire, on se lâche, on se relâche. Et c'est un moment qui a été ralenti. Tout était au ralenti. Elle a pris son temps et je n'existais même plus. On était avec une autre élève. L'autre élève n'existait même plus. Elle était vraiment seule dans son écriture. Elle s'est revêt. Elle a revêt la tête comme ça. Elle m'a regardé tout sourire aux lèvres. Mais c'était flagrant. Pour le dessin, comme je l'avais mis en état, parce que je lis des petits textes aussi pour mettre en état de dessin, pour celles qui pensent. Moi, je dis toujours, vous pensez, d'accord, ne pas être capable. Voilà. Et quand on pense, ce n'est pas la vérité. Voilà. Donc, du coup, je les mets en condition pour dessiner. Et, en fait, elle s'est appropriée, elle a étalé devant elle tous mes dessins. Elle s'est appropriée mes dessins à sa façon. Voilà. Et par rapport au symbolique de ce qu'elle venait d'écrire, elle. Voilà. Et donc, elle s'est fait rapidement, mais pas Pareil, je l'ai vue dans la lenteur, dans le calme. Elle était posée. Elle a même eu des petites... Comment dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Ses joues ont commencé à rougir. Voilà, parce qu'elle était plus dans le tremblement, plus... C'était marrant. Elle était vraiment dans l'émotionnel. Elle était vraiment dans l'émotionnel et dans le présent. C'est-à-dire qu'elle s'était vraiment mise dans l'état, dans l'interprétation. Et elle avait... En fait, elle avait aussi cette volonté de... de sortir ça d'elle. C'était flagrant. Il y a peut-être une notion de lâcher prise. Le mental, là, pour le coup, il était un peu parti. C'est ça. Je l'ai laissé faire. Et la dame d'à côté, qui elle avait déjà dessiné, elle avait déjà fait du dessin, de la peinture, elle avait reproduit des choses, mais elle n'avait jamais dessiné elle-même des choses d'elle. Et donc là, pareil, elle n'était pas dans le même stress quand même, mais elle se demandait, on lui demande de dessiner elle-même des choses et surtout d'interpréter des dessins, d'interpréter son texte en dessin, en symbole, en forme, ça lui paraissait étrange. Et en fait, elle s'est tellement prêtée au jeu qu'en fait, elle Elle a posé son crayon. Elle m'a fait... Oh, mais je n'aurais jamais cru que ce serait si facile. C'était marrant. Trop chouette. Voilà. Et donc, bon, ça, c'est un processus sur sept semaines. Donc, elle venait toutes les semaines, entre trois et quatre heures, je crois. Voilà. Et à la fin, en fait, elle... elles étaient très étonnées du résultat parce qu'il y a un côté magique quand on sort la gravure du perclorure, du bain. C'était vraiment comme ça. Mais ça donne ça parce qu'elles avaient ce que je te disais tout à l'heure. En fait, on fait son propre dessin. On le vernis pour le protéger. Et en fait, le cuivre, il fait des choses comme il veut. Il vit. Donc, il leur a dit écoutez, vous avez fait votre truc. Mais moi, j'ai quand même eu mon petit grain de sel à déposer. J'ai mon mot à dire. et donc en fait il a travaillé avec elle et quand elles ont vu leur pièce elles étaient en fait sidérées mais fières super fières d'elle c'est ça en fait ce qui ressort une fierté et dire ah mais en fait je m'étais mise d'impression pour rien je suis capable de le faire franchement je suis capable de faire ça j'ai été capable de faire ça Muriel c'est incroyable une joie enfin moi je pleure avec elle c'est clair Je pense que je serais dans le même état que toi. Mais c'est super beau, en tout cas. Je te remercie pour ces partages parce que je trouve ça absolument fantastique. Je pense qu'effectivement, on vient te voir au départ pour se dire, oui, il y a quelque chose que j'ai besoin de déposer quelque chose qui est peut-être agréable ou qui peut-être aussi parfois pas agréable du tout. Et j'ai besoin d'être accompagnée et j'ai besoin de temps long pour le faire. Et d'accepter aussi, par exemple, tu expliquais que tu as sept modules qui sont faits sur plusieurs semaines. Si un jour... Aujourd'hui, on est quoi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

On est mardi. Tu te dis, tiens, aujourd'hui, je vais commencer à écrire sur le papier les mots, etc. Mais si ça ne vient pas aujourd'hui et ça vient plus tard, ça vient plus tard. En fait, ce n'est pas grave. L'idée, ce n'est pas de se dire absolument que je fasse ça aujourd'hui parce que j'ai le module suivant qui m'attend. Et sinon, ça va être la galère, je ne vais pas y arriver. Et du coup, tu reconditionnes le mental qui va bloquer plutôt que véritablement libérer. Je trouve ça intéressant. Est-ce que j'aimais bien ton approche aussi, pour le coup

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

c'est qu'on n'a pas besoin de savoir dessiner. Moi, je ne sais pas du tout dessiner. Tu me demandes de dessiner un mouton ou un cheval, je veux dire, ça ne va pas ressembler à grand-chose. Et tant mieux, dans ton accompagnement, je trouve ça, et tant mieux. Je ne dis pas que potentiellement, je viendrai à dessiner un cheval, mais je veux dire par qu'effectivement, la dimension intuitive est hyper intéressante. Et moi, j'utilisais cet exemple-là tout à l'heure et je veux le réutiliser maintenant. Moi, pendant très longtemps, j'ai fait aussi beaucoup de coloriage, tu sais, dans les livres de coloriage. Et souvent, je me souviens le nombre de fois on nous disait un cheval c'est blanc, c'est marron, c'est noir mais c'est pas violet ou c'est pas orange et c'est pas bleu j'aurais envie de dire si t'as envie que ton cheval il soit violet, orange ou bleu il n'y a rien qui est intérêt de le faire et si tu veux décider des licornes et que tu décides que les licornes ça vit sur terre c'est très bien que la licorne vit sur terre, moi je dis vive les licornes ou les bisounours, tout ce que vous voulez mais je trouve ça absolument fantastique et c'est ce que ton accompagnement permet aussi de faire c'est à dire que c'est très libérateur aussi dans cette dimension-là. C'est-à-dire, je libère ou je transforme une émotion, une expérience, un vécu, un bouleversement ou autre concrètement dans la matière. Donc, j'y passe du temps. En plus, il y a la notion de geste, une notion corporelle aussi, c'est-à-dire qu'au-delà de écrire des mots, la gravure sur le cuivre, il faut y aller, etc. Il y a quelque chose de très libérateur aussi de se dire, j'ai le droit de ne pas faire des carrés carrés et j'ai le droit de dire que les fleurs, ça représente les membres de ma famille et je trouve ça hyper intéressant et hyper enthousiasmant aussi de s'octroyer cette liberté de se dire c'est mon truc et voilà ça m'appartient, je le fais comme j'ai envie et si je mets des hippocampes et les hippocampes ça représente je sais pas quoi, la liberté, le voyage d'une voiture, moi ça me va très bien, c'est ce que le plus important c'est ce que ça signifie pour toi en fait et je trouve ça génialissime essentiellement pour toi et je rebondis quand même sur... la formation en ligne est complètement différente que celle en présentiel. En présentiel, c'est l'inconvénient, je trouve, c'est que, en fait, les personnes viennent, donc, par exemple, demain, j'ai un cours, elles viennent, mais ça veut dire qu'il faut qu'elles se mettent en condition pour interpréter quelque chose. Tu comprends

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Tandis que quand elles sont en formation en ligne, elles le font quand elles sont prêtes. Tu vois, il n'y a pas un jour donné, tiens, allez, mercredi, et il faut que j'écris mon texte, il faut que j'interprète. Non, tu vois la différence

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Elles sont libres de le faire quand elles veulent. C'est moins intuitif. En cours à l'atelier, c'est moins intuitif. C'est-à-dire qu'elles vont venir peut-être demain et elles ne seront pas en état de déposer ça. Tu comprends ce que je veux dire

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

C'est pour ça que la formation en ligne est beaucoup plus douce envers soi-même. Elle est plus libératrice aussi, vraiment. Voilà, c'est ce que j'ai remarqué également. Après, libre à chacun de choisir s'il veut faire la formation en ligne ou s'il préfère le faire avec toi en atelier. Chacun évalue la manière dont il veut faire la formation avec toi. À quel moment de la vie tu ressens que cette pratique ou cette formation est particulièrement particulièrement pertinente. Alors, on est quand même dans... C'est surtout pour les femmes entre 50 et 70 ans, j'ai remarqué. On est, je pense, dans des périodes de vie on a du recul. On se rend compte de la vie qui s'est écoulée. Ça peut être des moments marquants comme des enfants qui partent de la maison. Ça peut être la retraite. Ça peut être une séparation. Ça peut être... Moi, je dis souvent les défis sportifs qu'on s'est donnés, en fait. Il y a un mariage, une naissance. Donc, tous ces moments-là qu'on vient de passer, on a... entre 50 et 70 ans, on a envie de se les approprier différemment, en tout cas. Et on sent que... On revient aux mots. Que les mots... Alors, c'est très dur. Je sais des enfants qui partent de la maison. Je sais autour de moi, parce que j'ai eu des personnes qui sont venues pour ça. Je sais que c'est douloureux d'avoir des enfants qui partent de la maison. Et aller voir un psychologue, parfois, ce n'est pas suffisant. Ou quelqu'un d'autre, une médecine douce, ce n'est pas On sent qu'on a besoin de le sortir de soi, mais que ce soit un prolongement de soi, que ça nous appartienne encore, mais différemment, d'avoir du recul là-dessus. Et ça va être plutôt dans ces moments-là on a besoin de... On se rend compte que la transformation est propice à ce moment-là, de se libérer. Parce qu'il y a une période de transition personnelle qui peut être agréable à passer

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

ou peut-être un petit peu moins confortable, et qui a besoin, comme tu l'expliques, ça ne passe pas exclusivement que par les mots, et donc de se faire aider par un thérapeute, par exemple, mais qu'il y a quelque chose d'autre, quelque chose peut-être de plus corporel, peut-être de plus engagé, physiquement, dans ce travail-là. Et pour une naissance, c'est ça aussi, un engagement. Je le vois autour de moi, une naissance, que ce soit qui vienne de nous, de sa sœur ou d'un proche, c'est un moment qu'on a envie de rendre ineffaçable. Alors, il est ineffaçable effectivement par la mémoire, mais il est ineffaçable sûrement dans la matière. Et c'est un moment qu'on a... C'est des remarques que je me fais, qu'en fait, ces moments-là ont besoin d'être interprétés, soit dans le dessin, soit dans la terre, soit dans la gravure. Et ça, c'est flagrant. C'est des transitions, des témoignages, en fait. On honore, on célèbre ces moments-là différemment que dans la mémoire ou par les mots. Est-ce que ça participe aussi, je vais être un peu loin, je sors un peu de mon champ de compétences, est-ce que tu dirais qu'il y a quelque chose qui serait en lien avec le fait de digérer aussi ça

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je digère, donc j'accepte le fait que les enfants soient partis, qu'il y a une séparation, qu'il y ait un événement, peut-être un peu moins rigolo encore ou qu'il y ait quelque chose de de l'ordre de ça peut être un moment très joyeux aussi mais en tout cas voilà j'ai digéré ça et du coup j'avance vers une autre étape vers un autre chemin je pose d'autres pierres dans mon dans ma vie c'est de le regarder différemment c'est-à-dire que quand c'est à l'intérieur ça pose problème ça fait mal voilà et donc le fait de le mettre à l'extérieur de le rendre visible et de le regarder C'est-à-dire se regarder face à soi. Parce que finalement, c'est soi qu'on regarde dans ce qu'on a interprété dans la matière. On regarde la chose et du coup, on lui parle différemment. On lui donne moins de puissance émotionnelle. Tu comprends

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Oui. Il y a une relation, il y a une connexion qui est... qui vient peut-être d'une autre dimension, entre guillemets. Oui, c'est ça, oui. On s'allège, mais on sait que ça existe, que c'est là. Et que ça n'a plus lieu, à un moment donné, d'exister dans son corps, dans ses douleurs. Oui, j'entends ce que tu veux dire. Moi, je l'interprète comme ça parce que c'est ce qui m'est arrivé. Je peux parler d'un truc personnel

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Libre à toi de le faire, si tu souhaites le partager. Donc moi, j'ai perdu ma mère il y a maintenant un an juste. Et un jour, j'avais une douleur. Une douleur partout, tout le temps. J'avais envie de pleurer tout le temps. Et un jour, je venais de ranger mon atelier. Et j'allais partir. Et mon regard se pose sur une chute de cuivre. C'est marrant. Elle a une forme de moitié de maison. Il y avait le toit. la moitié de toi et la moitié du corps de la maison. Moi, je l'interprète comme ça. Et en fait, je suis revenue, je l'ai prise, cette plaque, je me suis assise au bureau et j'ai commencé à dessiner directement dessus. Voilà. Et c'est marrant, donc il était 5h de l'après-midi, 6h, mais j'ai eu fini, mais il était 21h. En fait, j'ai... Voilà. Et en fait, donc j'ai dessiné comme ça. Et quand j'ai arrêté à 21h, j'ai dit... J'ai regardé ce que j'avais dessiné. En fait, c'est c'était toute l'histoire du décès de ma mère. Voilà, c'était hallucinant quand même. Il y avait tous les éléments, la petite église avec la petite croix. Il y avait évidemment mes trois sœurs, les fameuses fleurs, mes neveux, la moitié de cœur qui représentait mon père seul, finalement. Et en haut du toit, il y avait l'étoile, ma mère. au milieu des nuages non mais je me disais mais Muriel c'est hallucinant quand même et donc mais alors en plus je me rendais compte qu'en dessinant directement sur ma peau je pleurais je pleurais parce que je pense que je après j'ai plus jamais pleuré c'est marrant je me suis libérée je dis pas que c'est pour tout le monde comme ça mais je l'ai vécu comme ça et je sais que ça peut l'être pour certaines comme ça mais voilà ça a été libérateur totalement je n'ai plus eu cette douleur que j'avais, vous savez, enfin, tu sais, à la gorge, là, ici, oh là, c'était infernal. Voilà, ça m'a libérée totalement. Voilà, et cette pièce-là, donc je l'ai toujours à l'atelier, je l'avais patinée au feu, parce qu'elle était brûlée, c'est symbolique, elle était incinérée, c'est quand même hallucinant, alors que je n'y avais pas pensé à ça. Et en fait, donc ça fait maintenant six mois que je l'ai dans mon atelier, et en fait, ce je l'ai patinée verte. Vert. La nature. Et elle va être déposée devant l'urne, comme ça. Une histoire incroyable. Une histoire dingue, quand même. Quelque chose de vraiment, pour le coup, très spontané. C'est-à-dire que tu finis ta journée, il y a cette plaque à côté, ce bout de plaque qui t'appelle, que tu regardes, et du coup, tu ressens le besoin, peut-être quasiment instinctif ou animal, peut-être aussi, très primaire, comme émotion, de faire quelque chose à cet instant-là, à l'instant T, sans te dire, je vais retranscrire cette émotion de la douleur que je ressens d'avoir perdu ma mère. C'est ça. Et ça, tu vois, c'est pour ça que je dis, la formation sur site, dans mon atelier, n'est pas du tout la même chose que de faire quelque chose chez soi, parce qu'on est plus dans l'intuition chez soi, on est tranquille, on est déjà dans son élément, dans ses odeurs, dans dans son cocon, c'est différent. Et c'est beaucoup plus puissant. Et peut-être qu'inconsciemment aussi, il n'y a pas cet effet de, potentiellement, l'élève va regarder ce que je fais, il va peut-être critiquer, machin. On est éduqués aussi, malheureusement, un peu avec ça. Donc, il y a peut-être un effet libérateur de, je suis tranquille dans mon coin, il n'y a personne pour me regarder, surveiller. Et si je veux faire un cheval à deux pattes, je suis un cheval à deux pattes. Exactement. En sachant que moi, comme la façon de travailler, elle est quand même libre. Elles savent, quand elles viennent dans mon atelier, elles savent qu'il y a toute liberté. Moi, je n'interfère jamais dans ce qu'elles vont écrire, ni dans ce qu'elles vont dessiner. Par contre, certaines me demandent mon avis. Enfin, non, elles ne me demandent pas mon avis, ce n'est pas vrai. Elles me demandent de lire ce qu'elles veulent. C'est une sorte de partage, d'échange. Mais à moi, elles ne vont pas faire lire à l'élève qui est à côté. C'est qu'à moi. C'est parce qu'elles veulent que je partage ce moment-là. Voilà. Et puis ça marche, en plus. Et moi, je suis en train de me rendre compte que je parle beaucoup de cheval et d'hippocampe ce matin. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je regarde bien. C'est sûr et certain. Je ne sais pas s'il y a quelque chose. C'est très surprenant. Je me surprends moi-même à parler en plus de licorne. Alors en plus, il y a quelque chose avec le cheval en ce moment. Ou les équidés. Oui, oui, c'est ça. C'est très marrant.

UNKNOWN

C'est dingue. Oui.

SPEAKER_00

Avant de terminer cet épisode, est-ce que tu peux nous expliquer comment est-ce qu'on peut rentrer en contact avec toi

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Je voudrais juste préciser, avant que tu nous en parles un peu plus, que tu es aussi une artiste graveuse sur métal et que tu exposes aussi tes œuvres. En l'occurrence, au moment on enregistre ce podcast, tu prépares ta participation aux Journées européennes des métiers d'art qui ont lieu début avril, un peu partout en France, mais en l'occurrence, pour nous, tu exposes à Bayonne parce que tu es installée au Pays basque pour le coup. Et tu accompagnes aussi des personnes au travers de cet accompagnement trace et tu crées aussi, pour du particulier, tout à l'heure on parlait de vasques, on parlait de cheminées, de portes, etc. Tu peux aussi créer des œuvres pour les clients. Maintenant, je te laisse la parole. est-ce qu'on peut te retrouver et comment est-ce qu'on peut découvrir ton univers

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Petit bémol, petite parenthèse parce que j'y pense aussi. Je sais que tu organises toujours des masterclasses Donc, pour présenter ta formation de trace, n'hésite pas aussi à nous en parler. Si tu le souhaites, c'est le moment. Le micro est à toi, je le mettais tout de suite. Alors, du coup, oui, on peut me retrouver actuellement. J'ai un atelier à la Maison Zabaldou, à Anglette, à l'EDUMOESCA, une association dédiée au métier d'art. J'expose, je commence des expositions à partir du mois d'avril à à Oulatou, pareil à Anglette, zone du Redon. Et effectivement, les journées européennes des métiers d'art sont très importantes pour moi parce que je suis issue des métiers d'art et que ce sont des métiers qui sont certains en perdition et que c'est bien de les mettre à l'honneur. Justement, on parle de gestes lents, d'expertise, d'expérience, de beau et c'est tout simplement extraordinaire de pouvoir les mettre voilà et effectivement donc ma formation en ligne elle est donc en ligne et j'en parle tous les mardis soirs à 20h en direct. Remini parenthèse de ma part alors pour tous ceux qui sont au Pays Basque qui sont dans cette région si vous avez l'occasion d'aller à la maison Saval 12 que j'ai fait il y a quelques semaines pour un petit déjeuner que vous organisez tous allez rencontrer ces artisans parce qu'effectivement ils font des œuvres et des travaux absolument fantastiques et ils défendent les métiers d'art et vraiment ils font de très très belles choses les uns et les autres et c'est absolument sublimissime. Donc n'hésitez pas à passer à côté, n'hésitez pas à participer éventuellement à un prochain petit déjeuner. C'est ouvert à tout le monde, vous pouvez y aller rencontrer et discuter très simplement avec les artisans comme je l'ai fait aujourd'hui avec Muriel pour cette interview-là. Ils sont tous hyper accessibles et hyper ravis de partager leurs métier avec nous et c'est fantastique. C'est vraiment des passionnés qui aiment ça, pour le coup, et qui nous expliquent, qui prennent le temps de nous expliquer comment ils travaillent, les différentes étapes, processus, etc. Moi, j'ai appris énormément de ceux que j'ai eu la chance de rencontrer la dernière fois. Et le cadre, le lieu est aussi sublimissime, très honnêtement. Je trouve ça fantastique. Donc, n'hésitez pas, pour ceux qui sont dans la région, à aller les rencontrer, prendre un petit café avec eux ou laisser à lui, ils seront ravis de vous accueillir et d'échanger avec vous. D'ailleurs, on accueille maintenant, on fait porte ouverte le deuxième vendredi de chaque mois. Ah, super

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

Les après-midi, de 14h à 17h. Ça, c'est nouveau. Parce qu'en fait, la Maison Zabaldou, ce sont des ateliers. Donc, recevoir le public toute la journée, ce n'est pas possible parce qu'on travaille. Mais du coup, à la demande du public, on ouvre un vendredi, le deuxième, pardon, le deuxième vendredi de chaque mois. Donc là, ça tombe ce vendredi-là. De 14h à 17h.

UNKNOWN

Impeccable.

SPEAKER_00

Chouette, chouette. Merci pour l'information. Je t'en prie. Maintenant, c'est nouveau. Ça vient de sortir. L'exclusivité, c'est génial. Merci beaucoup pour cette interview, Myriam. C'était une réelle joie de t'avoir à ce micro ce matin. J'ai trouvé ce travail, cette interview très inspirante et passionnante pour le coup. Je pense qu'on n'a pas fini de parler cuivre et d'expérimenter et discuter de ce matériau-là. Merci beaucoup. C'était un plaisir de t'avoir ce matin au micro. C'est moi qui te remercie beaucoup de t'intéresser autant à mon travail et au cuivre, effectivement. Un matériau à découvrir. Un matériau à découvrir et à toucher. Parce qu'il y a des choses qui se passent quand on le touche.

UNKNOWN

C'est vrai. Merci beaucoup. Merci. À bientôt.